Dans cette municipalité du territoire du Val-Saint-François qui compte un peu moins de 700 habitants, ces nouvelles adresses viennent bonifier les services de proximité et insuffler une nouvelle énergie au village. Une effervescence qui pourrait aussi donner envie à d’autres d’y poser leurs valises.
De Montréal à Bonsecours pour ouvrir un restaurant
Pour Nicolas Fouchet et sa conjointe, l’aventure à Bonsecours a commencé par une annonce aperçue sur les réseaux sociaux. Le couple français vivait alors à Montréal. Séduit par la possibilité d’ouvrir un restaurant dans la petite municipalité, il a décidé de quitter la métropole pour venir s’y établir.
Le Gueuleton d’ici a depuis pris possession du local autrefois occupé par le Rhum-Antic, en plein cœur du village. On y propose des brunchs, des poutines ainsi que des plats inspirés du bistro français. Son arrivée vient surtout combler un manque bien concret : Bonsecours n’avait plus de restaurant depuis quelque temps. Pour les résidents, retrouver une adresse où aller manger dans leur propre municipalité permet d’éviter de devoir systématiquement prendre la route vers les localités voisines.
L’accueil reçu semble d’ailleurs avoir confirmé le choix des nouveaux restaurateurs. Nicolas Fouchet raconte avoir trouvé à Bonsecours un endroit et des gens qui leur plaisaient et se dit très heureux de s’y être installé.
Donner une raison de s’arrêter à Bonsecours
Un peu plus loin sur la route 220, Marie-Eve St-Germain participe elle aussi à ce renouveau avec Mille Mercis Atelier Floral. Dans son espace de quelque 300 pieds carrés, la fleuriste a rassemblé plusieurs de ses passions : fleurs fraîches et préservées, vêtements et objets de seconde main ainsi que créations d’artisans locaux.
Pour l’entrepreneure, l’arrivée simultanée de plusieurs commerces n’est pas le fruit du hasard. Elle y voit plutôt le résultat de personnes qui ont choisi de se mobiliser et de contribuer à leur milieu. Sa localisation sur la route 220 lui permet également de voir passer de nombreux automobilistes, motocyclistes et cyclistes. Son souhait est simple : leur donner une raison de s’arrêter quelques instants et, par la même occasion, de découvrir Bonsecours. Une façon pour elle de mettre en lumière le village auquel elle est attachée.
Un savoir-faire artisanal qui prend aussi racine au village
Le conjoint de Marie-Eve St-Germain, Alix Lacasse, se lance lui aussi en affaires à Bonsecours. Son entreprise se spécialise dans la fabrication de clôtures d’antan, ajoutant un savoir-faire artisanal aux activités économiques présentes dans la municipalité.
L’entrepreneur se réjouit particulièrement de voir de nouvelles entreprises apparaître presque simultanément. Après une période où l’offre commerciale du village était plus limitée, cette nouvelle activité contribue, selon lui, à ramener de la vie dans la municipalité. Et lorsque plusieurs entrepreneurs choisissent au même moment d’investir dans un petit milieu, leurs projets peuvent aussi se compléter : une personne venue découvrir un commerce peut en profiter pour pousser la porte de celui d’à côté.
De la machinerie lourde aux soins de détente
À proximité, un autre parcours entrepreneurial sort de l’ordinaire. Après 15 ans à travailler dans l’excavation et la construction de routes, Jessica Jeté a complètement changé d’univers professionnel pour ouvrir Zenōva, un espace beauté détente.
Celle qui a conduit des camions lourds et opéré des niveleuses souhaitait désormais créer un endroit consacré au bien-être et à la douceur. Son espace propose notamment des spas capillaires, des soins esthétiques et de la massothérapie.
Cette réorientation professionnelle ajoute ainsi un autre type de service directement au village et montre aussi que l’entrepreneuriat en milieu rural peut prendre des formes très variées.
Une municipalité qui souhaite accueillir de nouvelles familles
Du côté de la municipalité, cette effervescence entrepreneuriale est accueillie avec enthousiasme. Le maire Alex Bouthillette résume la dynamique avec une formule toute simple : « le monde attire le monde ». Plus il y a d’activité au cœur du village, plus il devient possible d’en générer de nouvelles.
Bonsecours ne souhaite pas seulement attirer des entrepreneurs ou des visiteurs de passage. La municipalité du Val-Saint-François aimerait également accueillir davantage de jeunes familles. Des espaces sont encore disponibles pour la construction résidentielle dans le village et la municipalité souhaite densifier son noyau villageois.
L’arrivée de nouveaux commerces prend alors une dimension supplémentaire. Un restaurant, un fleuriste ou des services de soins ne changent peut-être pas à eux seuls la décision de déménager dans une municipalité. Ensemble, toutefois, ils contribuent à créer ce qui fait la différence au quotidien : des services accessibles, des lieux où se croiser et un village qui bouge.
Source : Radio-Canada
Photo à la une : Marie-Eve St-Germain et Alix Lacasse
Crédit photo à la une : Radio-Canada / Yannick Cournoyer
