À Lac-Drolet, dans le territoire de la Région de Mégantic, une partie de la réponse passe par les jeunes. Des activités de sensibilisation à la diversité culturelle contribuent à rapprocher les familles et à faire de l’accueil des nouveaux arrivants une véritable démarche communautaire.

Près de 365 000 $ pour favoriser l’intégration dans la MRC du Granit

La diversification de la population ne concerne plus uniquement les grands centres. Dans le territoire de la Région de Mégantic (aussi appelé la MRC du Granit), de nouveaux résidents venus d’ailleurs choisissent de s’établir, de travailler et de faire leur vie dans les différentes communautés.

Pour favoriser leur intégration et leur participation à la vie locale, la MRC du Granit et le gouvernement du Québec ont annoncé un investissement de près de 365 000 $ réparti sur une période de trois ans. Ce financement permettra de mettre en œuvre différentes actions sur le territoire afin de favoriser des relations interculturelles harmonieuses et de faciliter l’intégration des personnes immigrantes et des minorités culturelles.

À Lac-Drolet, une partie de ces efforts prend une forme bien concrète : sensibiliser les jeunes à la diversité culturelle.

Les jeunes au cœur des rapprochements

L’école devient ainsi l’un des endroits où peuvent se créer des ponts entre les familles établies depuis longtemps à Lac-Drolet et celles arrivées plus récemment. Des activités permettent aux élèves de découvrir différentes cultures et de mieux comprendre les réalités vécues par leurs nouveaux voisins et camarades de classe.

Cette sensibilisation prend une importance particulière dans une petite communauté. Les enfants fréquentent la même école, les parents se croisent lors des activités et les familles partagent les mêmes espaces publics et services. Les liens créés chez les plus jeunes peuvent donc naturellement se prolonger ailleurs dans la communauté. L’intégration ne repose alors plus uniquement sur les personnes qui viennent d’arriver. Le milieu d’accueil apprend lui aussi à connaître de nouvelles cultures et à s’adapter à une population qui évolue.

Le parcours d’Emanuel Zea Beltrán

L’histoire d’Emanuel Zea Beltrán permet de mettre un visage sur cette nouvelle réalité à Lac-Drolet. Originaire de Colombie, il fait partie de ces nouveaux résidents qui ont dû apprivoiser un environnement bien différent de celui qu’ils connaissaient auparavant. Son parcours illustre à quel point l’intégration dans une petite communauté se construit progressivement, au fil des rencontres et des interactions du quotidien. Pour lui et sa famille, l’école joue notamment un rôle important dans la création de liens. Les enfants deviennent en quelque sorte une porte d’entrée vers la communauté : ils rencontrent d’autres jeunes, développent des amitiés et permettent aux parents de faire connaissance à leur tour.

Son expérience rappelle ainsi que l’intégration ne se limite pas à trouver un logement ou un emploi. Elle passe aussi par la possibilité de développer un réseau et, tranquillement, de se sentir à sa place dans son nouveau milieu.

Quand une communauté apprend à accueillir

L’arrivée de familles provenant de différents pays transforme peu à peu le visage de Lac-Drolet. Et plutôt que d’attendre que les liens se créent d’eux-mêmes, la communauté choisit de provoquer les rencontres et d’ouvrir la discussion sur la diversité culturelle. 

Pour une petite municipalité, cette capacité d’accueil peut devenir un véritable atout. Car choisir une nouvelle région où vivre ne dépend pas uniquement du paysage, du coût d’une propriété ou de la proximité d’un emploi. Il y a aussi une question beaucoup plus difficile à mesurer : est-ce qu’on pourra y trouver sa place?

À Lac-Drolet, une partie de la réponse se joue peut-être déjà dans la cour d’école. Des enfants qui apprennent ensemble, des familles qui commencent à se connaître et de nouveaux visages qui deviennent, avec le temps, simplement des visages familiers. C’est ainsi qu’une communauté évolue, une rencontre à la fois.

Source : Radio-Canada

Photo à la une : Emanuel Zea Beltrán

Crédit photo à la une : Radio-Canada / Cédric Bérubé

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