C’est maintenant possible à Stoke, dans le territoire du Val-Saint-François, où la toute première « instrumenthèque » de l’Estrie / des Cantons-de-l’Est vient de voir le jour. Un service gratuit qui permet de découvrir la musique tout en ajoutant une nouvelle corde à l’arc de la vie culturelle et communautaire de la municipalité.
Une première estrienne
Stoke devient la première municipalité estrienne à proposer une instrumenthèque et seulement la deuxième au Québec. Le principe s’apparente à celui d’une bibliothèque, mais les livres font ici place aux instruments de musique. La population peut en emprunter gratuitement afin de les essayer avant de décider, éventuellement, de pousser l’apprentissage plus loin.
L’initiative est portée par la Corporation de développement socio-économique de Stoke et s’inscrit dans une volonté locale d’élargir l’accès à la culture. Pour Andréane Le May, administratrice de la Corporation, l’objectif était justement d’éliminer l’obstacle financier qui peut freiner la découverte d’un instrument. Plutôt que de devoir investir dès le départ, on peut d’abord essayer et voir si l’intérêt est au rendez-vous.
Une vingtaine d’instruments à découvrir
L’instrumenthèque compte pour l’instant une vingtaine d’instruments. Guitare, violon, trompette, mandoline et percussions font notamment partie de la collection mise à la disposition de la population. D’autres instruments pourraient éventuellement s’ajouter selon l’intérêt suscité par le service.
Nul besoin d’être musicien pour en profiter. L’instrumenthèque s’adresse autant à une personne qui souhaite découvrir la musique pour la première fois qu’à quelqu’un qui aimerait renouer avec un instrument laissé de côté depuis quelques années. Pour les familles, le service offre aussi la possibilité de laisser un enfant explorer son intérêt pour la musique sans devoir acheter immédiatement un instrument qu’il abandonnera peut-être quelques semaines plus tard.
La culture comme façon de créer des liens
Derrière les instruments se trouve également une volonté de rassembler la communauté. Pour Anne-Marie Catry, artisane et membre du comité derrière le projet, rendre la culture plus accessible permet aussi de renforcer les liens entre les gens. L’instrumenthèque vient notamment répondre à une réalité bien concrète : toutes les familles n’ont pas les moyens d’acheter un instrument simplement pour permettre à un enfant ou à un adulte d’en faire l’essai.
Le projet repose d’ailleurs sur une importante mobilisation citoyenne, soutenue par des dizaines de bénévoles. Et l’idée pourrait éventuellement dépasser le simple prêt d’instruments. Les responsables réfléchissent déjà à l’organisation de séances de jam ouvertes à tous ainsi qu’à différentes activités permettant aux résidents de jouer ensemble.
Quand les citoyens enrichissent leur propre milieu de vie
Une vingtaine d’instruments ne transforme évidemment pas à elle seule une municipalité. Mais l’initiative derrière leur mise en commun en dit beaucoup sur la vie d’un village. À Stoke, des bénévoles ont vu une occasion de rendre la culture plus accessible et ont choisi de la concrétiser. Demain, une guitare empruntée pourrait permettre à quelqu’un de découvrir une nouvelle passion. Quelques instruments réunis lors d’une séance de jam pourraient aussi devenir une occasion de rencontrer ses voisins.
Pour une personne qui réfléchit à l’endroit où elle souhaite s’établir, ce sont parfois ces initiatives à échelle humaine qui permettent de saisir la personnalité d’une communauté. À Stoke, on peut désormais emprunter un instrument comme on emprunte un livre. Et si le projet atteint son objectif, la musique pourrait tranquillement devenir une autre façon de faire vivre et vibrer le village.
Source : Radio-Canada
Photo à la une : Marie-Anne Catry (à gauche) et Andréane Le May (à droite)
Crédit photo à la une : Radio-Canada / Guillaume Renaud
