À 24 ans, le jeune entrepreneur de Lawrenceville a lancé Les grains des Cantons, une entreprise qui fabrique ses produits directement dans cette petite municipalité du territoire du Val-Saint-François et qui compte déjà des points de vente jusque dans la métropole.
L’aventure commence en 2024, lorsque William Brisson devient père. Sa famille se tourne alors davantage vers les aliments biologiques et le jeune homme constate qu’il est difficile de trouver des tortillas bio à l’épicerie. L’idée d’en fabriquer lui-même commence à faire son chemin. Sans expérience dans le secteur agroalimentaire, il se plonge dans le projet : procédés de fabrication, ingrédients, équipements, coûts et plan d’affaires. Après environ six mois de recherche et développement, il met au point la recette qu’il cherchait. Reste alors à décider s’il est prêt à transformer cette idée en véritable entreprise.
Le financement représente rapidement un défi. Les prêteurs rencontrés souhaitent obtenir des garanties et des engagements de la part de commerces avant même que le produit soit lancé. William Brisson choisit malgré tout d’aller de l’avant. Convaincu du potentiel de son projet, il finance lui-même son démarrage en hypothéquant sa propriété et en obtenant un prêt bancaire. Un pari important, mais qui lui permet de lancer Les grains des Cantons et de commencer à tester son produit auprès des consommateurs. Son objectif : proposer une tortilla entièrement biologique, agréable à manger et suffisamment résistante pour ne pas se déchirer facilement.
De Lawrenceville aux tablettes
Les premiers résultats sont encourageants. Seulement trois semaines après son arrivée sur le marché, Les grains des Cantons comptait déjà 19 points de vente, et les commandes commençaient à être renouvelées. Les tortillas fabriquées à Lawrenceville sont notamment distribuées dans la région de Valcourt, mais elles ont également trouvé leur chemin jusqu’à des commerces de Sherbrooke et de Montréal.
William Brisson travaille maintenant à élargir ce réseau. Des échantillons sont notamment envoyés à de grandes épiceries dans l’espoir de faire connaître le produit à plus grande échelle. Et si la demande augmente rapidement, l’entreprise s’y est préparée : ses équipements possèdent encore une capacité de production supplémentaire.
Malgré son jeune âge, William Brisson n’en est pas à sa première expérience entrepreneuriale. Il a exploité pendant environ une décennie une entreprise d’aménagement paysager avant de la vendre, puis s’est tourné vers l’immobilier et a étudié en forage et dynamitage. Son arrivée dans l’agroalimentaire s’est donc faite avec un regard extérieur sur le secteur. Pour rendre ses tortillas biologiques accessibles à un prix concurrentiel, il a notamment choisi de miser sur l’automatisation. Presque toutes les étapes de production sont déjà automatisées, à l’exception de l’emballage. À terme, l’entrepreneur souhaite automatiser l’ensemble du processus afin de pouvoir augmenter les volumes sans multiplier les tâches manuelles répétitives.
Entreprendre à partir de Lawrenceville
L’histoire de Les grains des Cantons montre qu’un projet entrepreneurial qui vise un marché beaucoup plus vaste peut très bien prendre racine dans une petite municipalité. À Lawrenceville, William Brisson a installé ses équipements, développé son produit et lancé sa production. Quelques semaines plus tard, ses tortillas étaient déjà vendues dans plusieurs commerces de la région, mais aussi jusque dans la métropole.
Pour une personne qui envisage de s’établir dans le territoire du Val-Saint-François avec une idée en tête, son parcours offre ainsi un exemple concret de ce que peut être l’entrepreneuriat en région : on peut choisir un milieu à taille humaine sans nécessairement limiter l’ambition de son projet à ses frontières. Des tortillas biologiques fabriquées à Lawrenceville et destinées, éventuellement, aux tablettes de partout au Québec : voilà une entreprise locale qui voit déjà bien au-delà de son village.
Source : Le Val-Ouest
Photo à la une : William Brisson et sa famille
Crédit photo à la une : Le Val-Ouest / Gracieuseté William Brisson
